La Tunisie est connue pour être un des premiers pays arabes où les femmes se sont émancipées et où elles jouissent des mêmes droits que l’homme dans la constitution. Et pourtant, face à la pression sociale, beaucoup de femmes se sentent obligées à avoir recours à l’hyménoplastie, une des opérations les plus tabou de chirurgie esthétique en Tunisie qui consiste à recoudre l’hymen, par peur de se faire rejeter par leur mari la nuit de noces, car beaucoup d’hommes tunisiens refusent catégoriquement que la femme ait eu de précédentes expériences sexuelles.

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L’opération de reconstruction de l’hymen, qui est une partie de peau qui se déchire lors de la première relation sexuelle, est une intervention de chirurgie qui se pratique en quelques heures dans différentes cliniques du pays. Elle coûte en moyenne entre 800 et 1500 dinars (400 et 750 euros), et peut être différenciée en deux techniques : l’hyménoplastie pour une reconstruction durable, ou l’hyménorraphie pour une construction temporaire, celle-ci se fait quelques jours avant la nuit de noces.

Le Docteur Moncef Kamel, chirurgien esthétique exerçant à Djerba, dans le sud de la Tunisie, remarque que la demande des opérations de l’hyménoplastie a grandement augmenté ces dernières années. Le Docteur remarque aussi que les femmes, dont la tranche d’âge varie entre 18 et 45 ans, viennent toujours en clinique incognito avec le visage caché, et sont généralement issues d’un milieu social défavorisé.

Mais les statistiques officielles manquent car selon plusieurs spécialistes, le sujet est tabou tant la virginité avant le mariage, surtout celle de la femme, revêt un caractère sacré. Ces femmes sont souvent poussées par la pression du milieu social qui a tendance à souvent créer des polémiques autour de la virginité du couple avant le mariage. La femme ayant perdu sa virginité avant la nuit de noces est souvent perçue comme ayant perdu son « honneur », car la mentalité est souvent très stricte envers les rapports prénuptiaux.Ce comportement est vu de la part de beaucoup de spécialistes comme une vraie « hypocrisie » sociale de la part d’une population qui refuse d’accepter que les mœurs ont évolué. Beaucoup de femmes avouent avoir menti sur ce point, parfaitement conscientes que si elles avaient avoué la perte de leur virginité avant le mariage, leur compagnon n’aurait jamais accepté de les épouser.