mammographie apres augmentation mammaire implants

L’augmentation mammaire par implants perturbe-t-elle le dépistage des tumeurs du sein ? Les femmes qui portent des prothèses mammaires, ou qui envisagent de subir une chirurgie esthétique des seins, se posent souvent la question. Les professionnels de la santé préconisent d’effectuer une mammographie annuelle à partir de 40 ans. Si vous avez des antécédents familiaux de cancer du sein, on vous recommandera de commencer le dépistage plus tôt, et à intervalles plus courtes.

La position de la prothèse mammaire par rapport au muscle influe sur la mammographie

Lorsque l’implant est placé derrière le muscle pectoral, il ne gêne pas particulièrement le diagnostic. En revanche, la position rétro-glandulaire (sur le muscle) peut perturber la mammographie, voire induire en erreur le médecin radiologue. Etant donné que les rayons X ne passent pas à travers le silicone, cet emplacement provoque une tache sombre qui pourrait obscurcir les tissus glandulaires sous-jacents. De ce fait, les implants risquent de retarder le diagnostic de la tumeur mammaire. C’est pourquoi il est primordial de mentionner votre chirurgie d’augmentation poitrine au médecin ainsi qu’au technicien chargé de la mammographie. Pour un dépistage plus pointilleux du cancer du sein, il est préférable de confier le diagnostic à un médecin expérimenté et rompu aux rouages de la chirurgie esthétique des seins. Ceci permettra d’éviter au mieux les constats approximatifs et les erreurs d’interprétation.

Le risque de rupture de l’implant pendant la radiographie mammaire

L’appareil utilisé pendant la mammographie comprime progressivement le sein afin de mieux visualiser la glande mammaire. Pour cette raison, les patientes porteuses d’implants craignent la rupture de la prothèse lors du diagnostic.

Selon les estimations de l’agence de santé américaine FDA (Food and Drug Administration), il y a eu 51 cas recensés de rupture d’implant lors d’une mammographie. Un nombre négligeable, quand on sait que les femmes qui portent des prothèses lors du dépistage se chiffrent en millions. D’ailleurs, ces incidents sont souvent consécutifs à l’usure avancée de l’implant en place et non à la manipulation du sein pendant la mammographie.

Pour réaliser une mammographie sur une porteuse d’implant, le praticien privilégie la technique d’Eklund.  Celle-ci consiste à décaler en arrière l’implant en silicone, pour comprimer uniquement la glande mammaire. Le radiologue prend également 8 photographies du sein (contre 4 clichés pour la mammographie conventionnelle). Averti de la présence d’une prothèse mammaire, le médecin peut en profiter pour surveiller un éventuel écoulement dans la loge d’implantation (saignement, fuite du liquide de remplissage de l’implant) ou l’évolution d’une capsulite rétractile.

En outre, si la patiente porte un implant déjà rompu, le dépistage se fait par IRM au lieu de la mammographie traditionnelle. Face aux multiples difficultés d’interprétation, l’examen par IRM peut affiner le diagnostic, même si son coût est parfois rédhibitoire.